Irrigation

Présentation : une agriculture dépendante de l'irrigation

Le contexte pédoclimatique de la Haute Lande a fait de la gestion de l’eau une condition de production agricole sine qua non. La Haute Lande est caractérisée par des sols sableux humifères (teneur en sables supérieure à 85%), à faible réserve en eau et faible profondeur d’enracinement des cultures (40 cm), sous un climat océanique. La maîtrise de l’eau en Haute Lande a été le plus grand obstacle technique à surmonter et a nécessité la gestion de l’excès et du déficit :

  • excès pluviométriques hivernaux et printaniers,
  • déficit hydrique estival.

Les premiers fossés ont été réalisés dès Napoléon III pour assainir le marais landais et pouvoir installer les pins et les premières cultures. L’irrigation quant à elle n’a pu se concrétiser qu’avec les progrès de la mécanisation : elle s’est vraiment développée à partir de 1962 grâce à d’importants investissements et dans les années 1970 avec le perfectionnement des rampes pivotantes. L’irrigation en Haute Lande s’est révélée être un aménagement et un outil de production indispensable pour :

  • la production agricole en tant que telle, quelle que soit la culture : sans irrigation, aucune production n’est économiquement viable ; en effet, en raison de la nature des sols rencontrés, sableux à plus de 85 %, les réserves utiles en eau pour la plante excèdent rarement 30 mm (parfois moins), ce qui représente 3 jours de réserve en eau utilisable pour la culture en été ; 5 jours sans pluie ou sans apports d’eau et le stress hydrique de la culture a des répercussions sur le développement de la culture,
  • la diversification et l’adaptation des assolements face aux évolutions des politiques agricoles,
  • le maintien des niveaux de production et de qualité permettant d’assurer un revenu pour les agriculteurs.

Les besoins en eau des cultures (maïs et des principaux légumes cultivés en Haute Lande) sont estimés entre 3000 à 5000 m³/ha/an et centrés en grande partie sur la période estivale (mi-mai à mi-septembre).Les besoins en irrigation dépendent des besoins en eau des plantes, de la pluviométrie et de l’efficience des apports d’eau. Actuellement, l’expérience des agriculteurs et différentes études montrent que les besoins annuels en irrigation (prélèvements bruts) varient de 3000 à 5500 m³/ha/an… tout en sachant que l’efficience des apports reste le problème majeur dans les sols sableux. En effet, toute l’eau apportée (pluie ou irrigation) n’est pas efficace. Il existe des chemins préférentiels dans les sols de sable, à travers lesquels passe l’eau sans humidifier les horizons supérieurs. Cette eau non retenue se répartit dans les horizons inférieurs et rejoint la nappe (pour les nappes superficielles telles que la nappe du Plioquaternaire ou Nappe des Sables). La part de retour en nappe est estimée à 50%. L’état hydrique initial du sol et l’intensité pluviométrique sont deux facteurs qui contribuent à améliorer la mouillabilité des sols sableux et à augmenter l’efficience de l’eau. En effet, plus le sol est sec, plus il sera difficile à réhumidifier, plus les passages préférentiels seront importants, moins l’efficience d’un apport d’eau sera bonne. Pour améliorer l’efficience de l’irrigation, il faut veiller à ne pas laisser le sol trop se dessécher. En moyenne, les agriculteurs apportent entre 18 et 21 mm tous les trois jours (durée moyenne nécessaire aux pivots pour faire un tour). Les prélèvements d’eau pour l’irrigation dans la zone Haute Lande sont principalement effectués par des pompages dans les nappes souterraines superficielles (la nappe du Plioquaternaire ou Nappe des Sables pour 80% à 90% des prélèvements) et accessoirement les nappes profondes du Miocène ou de l’Oligocène. Les prélèvements dans la nappe du Plioquaternaire sont quasiment exclusivement agricoles. Compte tenu des caractéristiques physico-chimiques de l’eau (très ferrugineuse), ces prélèvements n’entrent pas en concurrence avec les prélèvements pour l’Alimentation en eau potable. Par ailleurs la nappe du Plioquaternaire se recharge très rapidement lors de la période hivernale et est, dans tous les cas, sensible à la moindre pluviométrie. Cette nappe est considérée comme une ressource abondante et renouvelable, sa profondeur peut être très conséquente et peut aller bien au-delà des 20 ou 25 mètres de profondeur des forages ... L’irrigation, souvent considérée comme simple facteur de rendement quantitatif est aussi un facteur de production qualitatif. L’apport d’eau régulier, répondant aux besoins des plantes permet d’obtenir des produits de qualité. Dans cette recherche de qualité, l’irrigation a un impact environnemental positif : elle permet d’optimiser au mieux les intrants (engrais,...).

Les axes de travail

L'expérimentation en irrigation

Afin de fournir un conseil adapté à ses adhérents le GRCETA met en place depuis plusieurs années des essais irrigation: gestion du démarrage et de l'arrêt de l'irrigation par culture (maïs, maïs doux, haricot vert), impact de stress d'irrigation à différents stades culturaux, relation dose/fréquence d'irrigation. Ces essais ont ainsi permis de caler des seuils de travail avec les tensiomètres et donner ainsi aux agriculteurs un outil d'aide au pilotage de l'irrigation.

Les parcelles de référence et IrriConseil-sfa

Grâce à son travail d'expérimentation et au calage de seuils ainsi effectué, le GRCETA peut utiliser en routine les tensiomètres par l'installation de site sur des parcelles de références. Ceux-ci sont répartis sur le territoire du GRCETA avec représentation de l'ensemble des cultures présentes. Les sites sont relevés au moins deux fois par semaine pour assurer un suivi fin de l'évolution des tensions. L'ensemble des informations recueillies alimente un bulletin de conseil irrigation bi-hebdomadaire envoyé par fax ou mail aux adhérents afin de les aider dans le pilotage de leur irrigation.

Le contrôle de matériel

Afin de permettre aux agriculteurs une optimisation de leur irrigation, le GRCETA effectue à la demande des adhérents des contrôles de pivot ou rampe frontale. Ceux-ci consistent à mesurer les paramètres débit/pression et à les comparer aux données du plan de busage pour voir les éventuelles anomalies de fonctionnement. Au besoin un plan de busage peut être recalculé. Le suivi des parcelles de référence, le message irrigation et le contrôle de matériel font partie d'un programme co-financé par l'agence de l'eau Adour Garonne.


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