La Haute Lande

Présentation de la Haute Lande

A l’intérieur du grand triangle de sable entre Garonne au nord, Adour et Midouze au sud, cordon littoral à l’ouest, l’appellation "Haute Lande" s’applique aux grandes étendues planes situées à l’interfluve des différents bassins Garonne / Eyre, Adour-Midouze / Eyre ou Ciron / Douze. La Haute Lande se situe donc dans la partie centrale du massif forestier des Landes de Gascogne et comprend la partie ouest, sud et sud-est du département de la Gironde, l’ouest et le nord du département des Landes.

Un peu d'histoire

Il y a 10 000 ans, après la glaciation quaternaire, les landes sont une vaste étendue sableuse sub-désertique. L’absence de végétation permet alors une mobilisation du sable qui s’étend sur l’ensemble de la zone.

A l’époque historique la Haute Lande est couverte de forêt exploitées pour le bois ou la résine. Au IV° siècle les invasions barbares (Alains, Suèves, wisigoth…) entrainent la destruction de cette forêt à cause d'incendie. Par la suite, l’utilisation pastorale de la Lande et la pratique de l’écobuage maintiennent en place des espaces herbeux, inondés 6 mois par ans.

Au XVIII° siècle la forêt ne représente plus que 20.000 ha localisée en zone périphérique.

Au XIX° siècle plantation de la lande en Pin par Napoléon III: suite à la loi du 19 juin 1857, qui allait décréter l’assainissement et la mise en valeur des landes communales des départements de la Gironde et des Landes. C’est Henry Crouzet, ingénieur des ponts et chaussées, qui fut le principal artisan de ce travail.

  • Développement de l’économie de la gemme.
  • Besoin de bois pour le chemin de fer et les mines (sous produit).


Age d’or de la gemme pendant la guerre de Sécession amenant une couverture maximale en pin vers la fin du XIX° siècle.

En parallèle essai de développement de l’agriculture suite à l'achat par Napoléon III de 7400 ha de landes. Sur ces terres incultes, il crée un domaine expérimental de fermes modèles.

Neuf fermes sont construites à l’identique et possèdent environ 50 ha de terres labourables et 500 à 600 ha de pins. Chacune a une destination particulière : L’une s’occupe des ovins, l’autre des bovins, la 3° des vignes, etc. L’une d’elle est spécialisées dans les cultures étrangères, telles que : Betterave de Finlande, maïs de Louisiane, Igname (Chine), dékkelé (Afrique), mélilot (Sibérie), quinoa (Pérou). Il y aura même des essais de culture du coton, rapidement abandonnés.

C’est encore Henry Crouzet qui a préconisé l’assolement sexennal :

1° année : p de t – vesces ou racines fumées.
2° année : avoine ou seigle avec trèfle de prairies artificielle.
3° année : trèfle ou prairie.
4° année : seigle et jachère.
5° année : Sarrazin et moutarde enfouie.
6° année : seigle.

Evolution des surfaces boisées entre 1750 et 1900

A compter de 1900 l'age d'or de la gemme a vécu, et on va assister à l'abandon de l'exploitation des pins de 130 Mo L en 1920 on passera à 50 Mo en 1950. Cela va se traduire par une diminution de la présence humaine et donc de l'entretien des bois qui amèneront dans les années 45-50 a de gigantesques feux de forêt venant lécher les portes de bordeaux. Entre 1937 et 1949, 400.000 ha de forêt seront détruits

Cela aura pour conséquence le reboisement partiel du territoire avec organisation des luttes contre les incendies (mise en place des DFCI) et la mise en place d'agriculture ayant entre autre pour objectif de faire des parts-feu.

Le développement de l'agriculture en Haute Lande

Après 1945 deux agriculteurs du Nord de la France viennent s'intaller sur la région de Solérino: l'abaissement de la nappe, l'apport d'engrais et le chaulage des sols permettent la culture du maïs, des pommes de terre et de prairie
Années 50 : GALG développe un réseau de pare feu cultivé pour contenir les incendies et permettre le développement d'une agriculture familiale importante pour participer à la lutte contre les incendies de forêt (par le débroussaillement du sous bois notamment). Création d’exploitation de 70 ha dans la lande humide au sol plus riche qu'en lande sèche.
Années 60: mis en place de l’irrigation et de la fertilisation chimique qui nécessite des tailles supérieures pour être rentabilisés. La surface unitaire de défriche augmente.
68: suppression de la GALG mais les nouvelles techniques de production ont fait leurs preuves et la dynamique de développement agricole se poursuit avec l'arrivée importante d'agriculteurs issus du nord de la France.

L’agriculture s’est alors développée en Haute Lande grâce à la persévérance et la volonté de quelques agriculteurs pionniers, aidés par les progrès de la mécanisation et des techniques agricoles. Certains d’entre eux, déjà regroupés en CETA (Centres d’Etudes Techniques Agricoles) fondent en 1971 le GRCETA des Sols Forestiers d’Aquitaine en raison des difficultés techniques rencontrées dans cette région particulières, pour mettre en commun leurs efforts, idées et expériences.


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